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Introduction

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Né au début du siècle et décédé à l’âge de 80 ans, Jean Eudes (1601-1680) traverse le « Grand Siècle », siècle tumultueux et passionnant siècle d’affrontement au sein de la chrétienté, siècle de recherche intellectuelle et de quête mystique, siècle de renouveau ecclésial… contemporain de la fin des guerres de religion, des révoltes populaires, des épidémies de peste, il fut témoin et acteur de la réflexion de l’Église sur elle-même, après les ruptures du siècle passé, où théologiens et hommes politiques « se confondent dans les grands débats théologiques sur la grâce, le péché, la place de l’homme dans le monde… Temps de réforme pastorale, renouveau des ordres monastiques, création de nouvelles congrégations, implantation du Carmel en France, le XVII° s. est une époque postconciliaire qui cherche à mettre en œuvre le Concile de Trente. Les ordonnances et les intuitions de ce concile ouvrent un nouvel élan religieux en Europe et un renouveau pastoral face à la pauvreté de la vie ecclésiale, en bien des endroits. La « Nouvelle évangélisation » suscite des missionnaires des propositions pastorales nouvelles un approfondissement de la foi du peuple de Dieu avec des chemins spirituels offerts à tous, une formation renouvelée des prêtres… autant de tâches et de défis auxquels saint Jean Eudes et bien d’autres essaient de faire face.

Dans cet univers changeant et en rupture avec le passé, la préoccupation principale de saint Jean Eudes, à la suite de Pierre de Bérulle et du courant qu’il impulse – L’École française de spiritualité ou l’École bérullienne -, est de trouver la manière la pus adéquate de parler de la relation entre Dieu et l’homme. À cette époque où naît une nouvelle représentation du monde, avec la révolution copernicienne et l’avènement des sciences modernes, cette École de spiritualité tente de penser autrement le lien des hommes avec Dieu. Elle prend résolument le chemin de l’intériorité et de la communion de vie avec Jésus le Christ. Cette union Jean Eudes l’exprime au travers d’images empruntées à saint Paul : Jésus, Fils de Dieu et Fils de l’homme, Roi des hommes et des Anges, n’étant pas seulement notre Dieu, notre sauveur et notre souverain Seigneur, mais même étant notre chef (tête), et nous étant membres de son corps, comme parle saint Paul, os de ses os et chair de sa chair, et par conséquent étant unis avec lui de l’union la plus intime qui puisse être, telle qu’est celle des membres avec leur chef (tête) 1 … C’est l’intuition majeure : l’actualité de la relation avec le Christ dans toute la vie de l’homme. C’est le chemin qu’il cherchera à faire découvrir à tous les baptisés, lors de ses nombreuses missions dans les campagnes et villes françaises.

  1. OC 1, p.161 (Œuvres Complètes, Vannes – Paris, 1905 – 1911, 12 vol., t.1, p.161)